Le déclic : Me choisir à 40 ans

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Témoignage, chirurgie bariatrique, parlons bariatrique

Par Jessica Jacques

On ne prend pas la décision de subir une chirurgie bariatrique sur un coup de tête. C’est le
fruit d’un long cheminement, de doutes, d’échecs face aux régimes miracles et, finalement,
d’un immense besoin de retrouver sa santé.

De la haine du miroir à la liberté : mon combat de 15 ans pour 
retrouver mon corps

Voilà exactement 17 mois que j’ai franchi le cap de la sleeve. J’ai pris cette décision à l’aube
de mes 40 ans. Je voulais un nouveau départ pour moi, mais aussi pour mes deux ados de 16
et 13 ans.
Aujourd’hui, la balance affiche 110 livres en moins. Un chiffre immense, une métamorphose
visuelle flagrante (Personne ne me reconnaît).
Mais pour bien comprendre se que cette victoire représente pour moi, il faut plonger dans
l’ombre de mon passé.

Le miroir, mon pire ennemi

Aussi loin que je me souvienne, je me suis toujours trouvée grosse. Pendant des années, le
miroir n’a pas été un simple objet, mais un instrument de torture. Je prenais le temps de m’y
arrêter, non pas pour me coiffer ou m’apprêter, mais pour me regarder et me répéter à quel
point j’étais laide et grosse. Ces mots cruels, je me les infligeais au quotidien. C’était une
prison mentale invisible, mais terriblement lourde à porter.
Vers l’âge de 25 ans, un autre verdict est tombé : la fibromyalgie. À la détresse
psychologique s’est ajoutée la douleur physique chronique. Pendant quinze ans, mon corps a
été une source de souffrance et de rejet.
À force d’entendre mon médecin me dire que perdre du poids serait un bon point de départ
pour soulager mes douleurs, j’ai commencé à me documenter sérieusement sur la chirurgie
bariatrique. J’ai fait mes devoirs, j’ai tout analysé. Puisque je ne perdais jamais de poids, même
en faisant attention à tout, ma médecin a fini par me signer ce fameux billet. Le billet qui allait
changer ma vie.

Un changement amorcé deux ans avant l’opération

Dans ce long cheminement, j’ai eu la chance incroyable d’avoir un super beau suivi avec
l’équipe de chirurgie bariatrique de Montmagny. C’est un long processus, rigoureux et
rassurant. Cela a demandé énormément d’efforts et d’organisation, avec des allers-retours
fréquents à Montmagny et un travail constant à la maison:
● Remplir quotidiennement des journaux alimentaires pour analyser tout ce que je
mangeais.
● Remplir des journaux d’activité physique pour suivre mes mouvements et mes
efforts.
● Faire des prises de sang régulières pour surveiller ma santé.
● Passer des examens approfondis comme le test d’apnée du sommeil et la
gastroscopie.
● Avoir des rencontres précieuses avec le kinésiologue et la nutritionniste pour
réapprendre à traiter mon corps avec bienveillance.
Grâce à cette équipe formidable, je ne me suis jamais sentie seule dans cette montagne de
paperasse et de rendez-vous.

Le test ultime : les deux semaines de diète liquide

Juste avant l’opération vient le moment redouté par beaucoup : la fameuse diète liquide de
deux semaines. Devoir cuisiner des repas solides et appétissants pour mes deux adolescents
alors que je ne pouvais boire que des bouillons et des shakes de protéines aurait pu être un
calvaire.
Pourtant, cela a été les deux plus belles semaines de ma préparation. Pourquoi ? Parce que
c’est là que j’ai mesuré toute la force mentale que j’avais en moi. En nourrissant mes enfants
sans fléchir, j’ai compris que plus rien ne pouvait m’arrêter. Mon esprit était prêt.

Le Jour J : « Coudonc, on dirait un party !« 

Grâce à toute cette préparation, le jour de l’opération est arrivé sans stress. J’étais
incroyablement bien, calme et détendue. En entrant dans la salle d’opération, le personnel
était tellement accueillant et chaleureux que ma mini nervosité s’est envolée.
Je me souviens encore d’avoir regardé cette équipe de professionnels exceptionnels qui
m’attendait et de leur avoir dit avec un grand sourire : « Coudonc, on dirait un party! » Cette
ambiance rassurante du jour J n’était pas un hasard. Elle venait couronner le super beau
suivi que j’avais eu avec l’équipe de chirurgie bariatrique de Montmagny.

Les défis physiques de la métamorphose

Malgré cette préparation, perdre 110 livres en seulement 9 mois reste un choc pour
l’organisme. Pour moi, cette métamorphose s’est accompagnée d’une perte de cheveux
immense. Voir ses cheveux tomber par poignées est une épreuve difficile, surtout quand on
essaie de reconstruire son estime de soi.

De plus, en fondant, mon corps a libéré un tsunami hormonal qui a provoqué des
menstruations continues pendant un an. Ce débalancement m’a épuisée et a nécessité
d’autres interventions médicales :
● Des perfusions de fer : Pour traiter une grave anémie et me redonner des forces.
● Un arrêt de travail de 6 mois: J’ai tellement perdu de poids rapidement, que j’avais aussi
perdu énormément de masse musculaire, je tenais a peine debout sur mes deux
jambes. Puisque je continuais de perdre du poids, j’ai décidé de me payer des
rencontres avec une nutritionniste de Evelyne Parlons Bariatrique. Celle-ci m’a aidée avec ces précieux
conseils a cesser de perdre du poids et me maintenir.
● Une opération de l’endomètre : Une intervention chirurgicale pour brûler l’endomètre
et enfin stopper ce calvaire.
Ce fût aussi difficile, puisqu’après cette intervention, tu ne
peux plus avoir d’enfant. Même si je savais que j’en voulais pas d’autres une partie de
mon coeur n’était pas prête mais il fallait que j’en fasse mon deuil.

Ma nouvelle vie : une santé de feu!

Mais aujourd’hui, si je regarde le chemin parcouru, les victoires écrasent complètement les
difficultés. J’ai retrouvé une santé de feu!
● Full énergie et un meilleur cardio : Je revis, je bouge, je respire sans effort.
● Un sommeil réparateur : Je dors enfin bien.
● Adieu la chaleur, bonjour les frissons : Moi qui avais toujours chaud avant, je dois
maintenant m’habituer à mon nouveau corps… je suis toujours congelée!

Le plus beau des miracles? Je n’ai plus jamais ressenti de douleur de fibromyalgie. Deux
semaines seulement après ma chirurgie, j’ai pu cesser complètement ma médication pour la
haute pression, et j’ai même réussi à diminuer ma médication pour la fibro. Mon corps s’est
libéré de ses chaînes.

Regarder devant, le regard levé

Pourquoi je vous raconte tout cela avec autant de franchise? Parce que la chirurgie bariatrique
change le corps, mais le plus grand travail reste celui de l’esprit.
Mes ados, mon conjoint et mes parents m’ont vue fatiguée, m’ont vue aller à l’hôpital, mais ils
me voient aussi revivre aujourd’hui. Ils apprennent avec moi la résilience, le courage et
l’importance de se battre pour sa santé globale.
Malgré la perte de cheveux, malgré la fatigue et les tempêtes médicales, je ne regrette rien.
Ces 110 livres en moins me redonnent une liberté que la maladie et la haine de moi-même
m’avaient volée. Aujourd’hui, quand je croise mon reflet, je ne vois plus la même femme. Je
vois une maman de 40 ans, une battante, et je me sens enfin fière du chemin parcouru.

Merci à mon conjoint qui m’a toujours accompagné, sans cesse écouter et encourager tu as
été mon pilier, à mes enfants, à l’équipe de Montmagny, merci également à toi ma nutritionniste pour
les précieux conseils que tu m’a donnés, j’avais vraiment besoin de ton expérience.

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