Chirurgie bariatrique : le coût réel de tout ce qui vient après

Témoignages
Témoignage, chirurgie bariatrique, parlons bariatrique

Par Annie Laforest

Quand on parle de chirurgie bariatrique, on parle beaucoup de la perte de poids.
On parle des kilos perdus, des vêtements qui deviennent trop grands, de la santé qui s’améliore, de la mobilité qui revient et de cette nouvelle vie qui commence.
Mais il y a une partie dont on parle beaucoup moins.

Le coût réel de tout ce qui vient après.

Parce qu’une chirurgie bariatrique, ce n’est pas seulement une opération. C’est une transformation qui peut coûter cher… très cher.

Les coûts après une chirurgie bariatrique : bien plus que le prix de l’opération

Il y a les vitamines et les suppléments qui deviennent une partie de notre quotidien.

Les protéines.

Les aliments qu’on doit privilégier.

Les produits qu’on achète en pensant qu’ils vont nous aider.

Il y a aussi les suivis avec les professionnels.

Et lorsqu’on a besoin d’aide psychologique, l’attente peut être longue. Dans mon cas, j’ai attendu un an et demi avant d’avoir accès à un suivi psychologique gratuit avec l’équipe bariatrique.

Le soutien psychologique après une chirurgie bariatrique

Mais heureusement, sur mon chemin, j’ai aussi eu la chance de recevoir du soutien de l’équipe de Parlons Bariatrique et ce soutien m’a été précieux.

Leurs suivis psychosociaux, leurs ateliers et leurs blogues m’ont permis de mieux comprendre ce que je vivais, de mettre des mots sur certaines difficultés et surtout de me sentir moins seule dans ce parcours. Parce que la chirurgie bariatrique ne transforme pas seulement le corps. Elle vient toucher notre tête, nos habitudes, notre relation avec la nourriture, notre quotidien, nos émotions et parfois même notre façon de nous voir.

Dans les moments où la charge mentale devenait lourde, pouvoir avoir accès à des ressources, à de l’écoute et à des personnes qui comprennent réellement cette réalité a fait une grande différence pour moi.

La charge mentale après la chirurgie bariatrique

Je tiens donc à remercier sincèrement l’équipe Parlons Bariatrique pour leur présence, leurs outils et leur accompagnement. ❤️

Dans un parcours aussi exigeant, savoir qu’on n’est pas complètement seule peut vraiment changer les choses. Pendant ce temps, on essaie de comprendre par nous-mêmes comment vivre avec ce nouveau corps et cette nouvelle réalité. Puis viennent les vêtements. Et là, les dépenses s’accumulent rapidement.

Une nouvelle garde-robe au fil de la perte de poids

On change de grandeur. Puis encore de grandeur. On ne veut pas investir énormément parce qu’on sait qu’on va probablement perdre encore du poids… mais on ne peut pas non plus continuer à porter des vêtements qui ne nous font plus. Alors on rachète.

Des pantalons.
Des chandails.
Des sous-vêtements.
Des soutiens-gorge.
Des manteaux.
Des vêtements pour le travail.
Et même les souliers.
Oui, les souliers aussi! Parce que notre pointure peut changer.

Les achats alimentaires et le gaspillage après une chirurgie bariatrique

Et il y a tous ces achats que nous faisons avec les meilleures intentions :

« Ça devrait m’aider. »
« Je vais essayer ça. »
« Peut-être que je vais mieux le tolérer. »

Mais notre corps décide parfois autrement. On découvre que certains aliments ne passent plus. Que certaines textures ne nous conviennent pas. Que certaines quantités sont impossibles.

Alors on jette.

Et quand on vit seule, acheter en petite quantité n’est pas toujours possible. Quelques dollars par-ci, quelques dollars par-là… jusqu’à ce qu’on réalise que ces petits montants représentent une somme importante. Et tout ça arrive alors qu’on est déjà en train de gérer une immense charge mentale.

Penser aux protéines.
Calculer.
Planifier.
Tester.
Observer notre corps.
Modifier notre alimentation.
Essayer de ne pas gaspiller.
Faire les bons choix.
Et surtout… essayer de bien faire.

Parce qu’on veut tellement réussir. On veut que cette chirurgie fonctionne. On veut être en santé. On veut retrouver une vie dans laquelle on se sent bien. Mais parfois, à force de vouloir tout faire correctement, on s’épuise.

Quand la charge devient trop lourde

Et moi, cette accumulation de changements physiques, alimentaires, émotionnels, psychologiques et financiers m’a finalement amenée à devoir prendre un arrêt de travail de sept mois.

Sept mois. Sept mois pour m’arrêter.
Pour penser à moi.
Pour reprendre mon souffle.
Pour remonter tranquillement la pente.
Pour apprendre à vivre avec cette nouvelle personne que je devenais.
Mais il y a une autre réalité dont on parle encore moins : l’impact financier d’un arrêt de travail prolongé.

L’impact financier d’un arrêt de travail

Pendant sept mois, les revenus diminuent, mais les factures, elles, ne diminuent pas. Le logement, l’électricité, les assurances, l’épicerie, les paiements… tout continue. Et lorsque les entrées d’argent diminuent, il faut parfois faire des choix difficiles.
On utilise le crédit.
On reporte certaines choses.
On accumule des dettes.
Pas parce qu’on dépense sans réfléchir, mais simplement parce qu’il faut continuer à vivre et à payer les choses essentielles. Et tranquillement, la pression financière s’installe. Puis arrive enfin le moment tant attendu : le retour au travail.

On pourrait croire que tout va enfin rentrer dans l’ordre. Mais ce n’est pas nécessairement le cas. Parce que à mon retour au travail, j’apprends que j’ai une diminution d’heures d’une journée par semaine. On recommence à travailler, mais financièrement, on n’est pas encore revenu à notre situation d’avant. On doit reprendre notre rythme, retrouver notre énergie, s’adapter de nouveau à notre quotidien professionnel… Tout en essayant de reprendre le contrôle de ses finances.

Et pendant ce temps-là, les dettes accumulées pendant l’arrêt de travail, elles, sont toujours là. C’est un drôle de paradoxe : on est suffisamment bien pour recommencer à travailler, mais financièrement, on est encore loin de pouvoir respirer. Et c’est quelque chose dont j’aurais aimé qu’on me parle davantage avant ma chirurgie. Parce que lorsqu’on pense à une chirurgie bariatrique, on pense au coût de l’opération. Mais beaucoup moins au coût de la vie après l’opération.

Le coût de la vie après une chirurgie bariatrique

Les vêtements à renouveler.
Les chaussures.
Les vitamines.
Les suppléments.
Les protéines.
Les aliments qu’on essaie et qu’on ne peut finalement pas manger.
Le gaspillage alimentaire.
Les suivis.
Les déplacements.
Les périodes d’arrêt de travail.
La diminution des revenus.
Les dettes qui peuvent s’accumuler.
Tout cela fait partie du prix de cette transformation.

Je ne dis pas tout cela pour décourager quelqu’un de faire une chirurgie bariatrique. Bien au contraire. Pour moi, cette chirurgie a changé énormément de choses dans ma vie. Mais je crois qu’il faut être honnête et parler de l’envers du décor, pas seulement du résultat sur la balance.

Parler aussi de l’envers du décor

Parce qu’une chirurgie bariatrique ne transforme pas seulement notre corps. Elle transforme notre façon de manger, de consommer, de nous habiller, de vivre notre quotidien, de nous percevoir… Et parfois, elle vient aussi bouleverser notre équilibre financier.

Aujourd’hui, je suis enfin rendue à une nouvelle étape : le retour au travail.

Je suis fière du chemin parcouru.
Fière de ne pas avoir abandonné.
Fière d’avoir pris le temps de penser à moi.
Fière de tout ce que j’ai accompli.

Mais je sais aussi que le retour à l’équilibre ne se fera pas du jour au lendemain. Il y a encore des choses à reconstruire. Ma vie. Mon quotidien. Mon énergie. Et aussi… mes finances.

Reconstruire son équilibre après la chirurgie

Parce que perdre du poids, ce n’est pas seulement perdre des livres. C’est parfois devoir réapprendre à vivre, à consommer, à s’habiller, à manger et à gérer son argent. On nous prépare à perdre du poids. Mais je crois qu’on devrait aussi nous préparer davantage à tout ce que cette transformation peut coûter. Parce que derrière les « avant/après », derrière les chiffres sur la balance et derrière les vêtements devenus trop grands… il y a une personne qui doit reconstruire toute une vie.

Et cette reconstruction-là a aussi un prix. ❤️

Partager

Ces articles pourraient aussi vous intéresser

Le « foie gras » avant et après une chirurgie bariatrique : que se passe-t-il?

La maladie du « foie gras », appelée stéatose hépatique, est une…

Le foie gras avant et après chirurgie bariatrique

Quand on finit par croire qu’on ne peut plus rien changer : l’impuissance acquise

Par Christian Roberge, patient-partenaire et co-fondateur de Parlons Bariatrique « J’ai tout…

Impuissance acquise, chirurgie bariatrique, obésité

Quand mon équipement doit suivre mes ambitions : ce que ma dernière longue randonnée m’a appris

Par Christian Roberge, patient-partenaire et co-fondateur de Parlons Bariatrique Il y a…

Bariatric technologie, ActiveMX