Mon premier triathlon olympique… et une grande leçon

Témoignages
Christian Roberge Triathlon olympique bariatrique

Par Christian Roberge, patient-partenaire et co-fondateur de Parlons Bariatrique

Le 11 juillet dernier, je prenais le départ de mon tout premier triathlon olympique au TriMemphré de Magog.

Au programme : 1,5 km de nage, 40 km de vélo avec près de 500 mètres de dénivelé positif et 10 km de course à pied.

Pour plusieurs, cette distance est une étape normale dans un parcours de triathlète. Après le sprint vient l’olympique, puis le demi et éventuellement l’Ironman.

Pour moi, c’était tout simplement mon plus grand défi sportif à ce jour.

Vous connaissez déjà une partie de mon histoire. Il y a quelques années, je n’aurais jamais imaginé pouvoir compléter un triathlon. Aujourd’hui, après plusieurs distances sprint, Laurence m’a lancé le défi de tenter l’expérience olympique. Pendant que je préparais mon premier olympique, elle se préparait quant à elle à son tout premier demi longue distance.

Le défi était lancé.

S’entraîner… beaucoup

Passer du sprint à l’olympique, ce n’est pas simplement ajouter quelques kilomètres.

C’est plus d’entraînement.

Plus de temps.

Plus de sorties longues.

Plus de discipline.

J’ai eu du plaisir pendant cette préparation, mais je dois aussi être honnête : certains entraînements étaient davantage une case à cocher qu’un moment que j’attendais avec impatience.

Je voulais aller au bout de ce défi.

Je voulais savoir si j’en étais capable.

La course où j’ai appris à me connaître

La nage s’est bien déroulée.

Le vélo aussi… jusqu’à la grosse montée de la deuxième boucle.

À ce moment-là, j’ai senti que les jambes devenaient lourdes.

Le mental a pris le relais.

Je me suis parlé.

Je me suis encouragé.

Je savais pourquoi j’étais là.

Puis est arrivée la course à pied.

Vers le cinquième kilomètre, quelque chose a changé.

Ce n’était pas seulement la fatigue.

C’était plutôt un moment de lucidité.

Pendant les cinq derniers kilomètres, j’ai eu énormément de temps pour réfléchir.

Chaque pas me rapprochait de la ligne d’arrivée, mais aussi d’une conclusion qui devenait de plus en plus claire.

J’aimais toujours le triathlon.

Mais je n’aimais pas cette distance.

Il y a toutefois une chose qui a fait toute la différence tout au long de cette aventure.

À chaque transition et à plusieurs endroits sur le parcours, je retrouvais les visages d’Evelyne et de nos enfants. Un sourire, un encouragement, quelques mots… parfois, c’est tout ce qu’il faut pour retrouver un peu d’énergie et continuer d’avancer.

On parle souvent de la performance individuelle en triathlon, mais derrière chaque athlète, il y a souvent des gens qui donnent de leur temps, qui attendent pendant des heures, qui encouragent malgré la chaleur, la pluie ou la fatigue.

Je suis immensément reconnaissant envers Evelyne et toute ma famille. Cette ligne d’arrivée, je l’ai franchie avec mes jambes, mais je ne l’aurais certainement pas vécue de la même façon sans leur présence.

Il y a une différence entre être capable… et avoir envie

J’ai terminé la course.

Je suis allé jusqu’au bout.

J’en suis profondément fier.

Mais terminer un défi ne signifie pas automatiquement qu’il faut le refaire.

On vit dans une société où l’on valorise constamment le « plus ».

Plus loin.

Plus vite.

Plus longtemps.

Comme si progresser signifiait toujours augmenter la difficulté.

Pourtant, je pense qu’il est tout aussi important de reconnaître où se trouve notre plaisir.

Parce que le sport, pour moi, n’a jamais été une punition.

Il n’a jamais été une façon de mériter un repas ou de brûler des calories.

Le sport fait partie de ma vie parce qu’il me rend heureux.

Et si je perds ce plaisir, je perds la raison pour laquelle je bouge.

Savoir écouter ses limites

Ce qui m’a le plus surpris, ce n’est pas la difficulté de la course.

C’est la clarté avec laquelle j’ai compris que j’avais trouvé ma limite.

Non pas ma limite physique.

Ma limite de plaisir.

Et je crois qu’il faut apprendre à écouter cette limite.

Parce qu’elle est différente pour chacun.

La suite?

Le lendemain, j’étais déjà de retour sur un vélo pour participer à un deuxième triathlon, cette fois en équipe.

Mes jambes m’ont rapidement rappelé les efforts de la veille… mais quel privilège d’avoir vécu deux événements dans le même week-end!

Aujourd’hui, je regarde cette expérience avec énormément de fierté.

J’ai relevé un défi qui me faisait peur.

Je suis allé jusqu’au bout.

Et surtout, j’ai appris quelque chose sur moi.

Je vais retourner vers la distance sprint.

Pas parce que l’olympique était trop difficile.

Mais parce que le sprint est l’endroit où je retrouve tout ce que j’aime : le plaisir, l’intensité, le dépassement de soi… et surtout l’envie de recommencer.

Parce qu’au final, ce n’est pas la plus grande distance qui compte.

C’est celle qui nous donne encore le sourire quand on franchit la ligne d’arrivée.

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