Continuer d’essayer… même quand on croit que ce n’est pas pour nous

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activité physique

Avant de commencer, j’aimerais apporter une précision importante. Ce texte est différent de ceux que j’écris habituellement. Aujourd’hui, je ne vous écris pas principalement en tant que nutritionniste. Je vous écris comme Evelyne. Comme une personne qui, elle aussi, continue d’apprendre à connaître son corps, à remettre en question certaines croyances et à chercher ce qui lui fait réellement du bien.

Quand notre cerveau finit par croire que ça ne sert plus à rien

Avez-vous déjà eu l’impression que certains changements n’étaient tout simplement « pas faits pour vous »?

« Je ne suis pas quelqu’un de sportif. »
« J’ai essayé tellement de fois… ça ne fonctionne jamais. »
« À quoi bon recommencer? »

Ces phrases sont souvent le reflet d’un phénomène psychologique bien connu : l’impuissance acquise. L’impuissance acquise survient lorsqu’une personne a vécu suffisamment d’expériences décevantes ou d’échecs pour finir par croire que ses actions ne changeront plus rien. Ce n’est pas un manque de motivation. C’est une conviction qui s’installe tranquillement : peu importe ce que je fais, le résultat sera toujours le même.

Le problème, c’est que cette croyance nous empêche parfois d’essayer… même lorsque les conditions ont changé. Elle nous prive peut-être d’une activité qui nous ferait réellement plaisir aujourd’hui, simplement parce qu’une autre activité ne nous plaisait pas hier.
Et je réalise que, dans ma propre vie, j’ai parfois été prise dans ce piège.

J’ai déjà été très active…

Quand j’étais plus jeune, le sport occupait une place immense dans ma vie.
J’ai joué plusieurs années au volleyball intérieur de façon compétitive. J’ai également pratiqué le volleyball de plage, participé à de nombreuses compétitions et consacré un nombre incalculable d’heures à l’entraînement. J’ai même été entraîneuse tellement j’aimais mon sport.

Bouger faisait partie de mon identité.

Puis la vie a suivi son cours.

Les études universitaires.
Le travail.
Les responsabilités parentales.
La réorientation de carrière : bye-bye réseau de la santé. Bonjour la vie de travailleuse autonome.
L’entreprise.
Bref, les responsabilités.

Pour de bonnes raisons… et parfois de moins bonnes, mon niveau d’activité physique a diminué progressivement. Sans même m’en rendre compte, les années ont passé et la sédentarité s’est tranquillement installée. Le besoin de « décrocher » en fin de soirée devant Netflix, je connais.

La claque qui s’appelait… Pokémon Go

Je vais vous faire une confidence.

Il y a quelques années, j’ai téléchargé Pokémon Go.
Oui, oui… Pokémon Go. Un jeu vidéo pour téléphone.
Au départ, c’était surtout pour le plaisir. Un peu pour rire. Un peu pour jouer avec les enfants.

En réalité, cette application est beaucoup plus qu’un simple jeu. C’est aussi un podomètre qui comptabilise les kilomètres parcourus dans la semaine. Plus on marche, plus on obtient de récompenses virtuelles.

À 5 kilomètres, on débloque quelques récompenses.

À 25 kilomètres, d’autres s’ajoutent.

À 50 kilomètres, encore davantage.

Je me souviens encore de cette première semaine. J’étais en télétravail. À la fin de la semaine, l’application m’a annoncé que j’avais parcouru… moins de cinq kilomètres au total.

Pas cinq kilomètres par jour. Cinq kilomètres dans toute la semaine. Je n’avais donc même pas droit à mes cadeaux pour distance parcourue.

Je peux difficilement décrire ce que j’ai ressenti. Comme nutritionniste, je parle régulièrement de l’importance de bouger. Je connais les bénéfices de l’activité physique sur la santé cardiovasculaire, la santé mentale, la prévention de plusieurs maladies chroniques, la qualité du sommeil… et pourtant, moi, j’avais marché moins de cinq kilomètres en 1 semaine.

J’ai ressenti un mélange de choc, de déception… et, je l’avoue, un certain sentiment d’imposture (wow, elle me dit de bouger, pis elle, elle n’est pas du tout active : c’est ce que ma petite voix me criait à ce moment-là en pensant à ma clientèle). Même en écrivant ces lignes, il y a encore un petit fond de honte.

Mais avec le recul, je réalise que ce moment a probablement été un cadeau.

Parce qu’à cet instant précis, deux choix s’offraient à moi.
Le premier consistait à trouver toutes les bonnes raisons qui expliquaient cette situation.
Le deuxième consistait à essayer de faire un peu mieux.
Pas parfaitement.
Un peu mieux. Le plus petit pas possible pour améliorer la situation.

J’ai choisi la deuxième option.

Et aujourd’hui, plusieurs années plus tard, j’utilise encore Pokémon Go. Christian peut vous le confirmer, et plusieurs de mes amis! Le lundi en matinée quand je reçois mon « rapport de marche » de la semaine: j’ai hâte, je suis enthousiaste.
Je souris souvent en pensant qu’une application conçue pour attraper des Pokémons est probablement celle qui m’a aidée à retrouver une certaine constance dans la marche.
Comme quoi les outils les plus efficaces ne sont pas toujours ceux auxquels on s’attend.

Continuer d’essayer… même lorsqu’on pense déjà connaître la réponse

Cette expérience m’a aussi appris autre chose. On ne devrait jamais cesser d’explorer.
Même lorsqu’on croit déjà connaître la réponse.
Au cours des dernières semaines, j’ai participé à mon tout premier triathlon… en équipe.

Si vous nous suivez depuis un certain temps, vous savez probablement que Christian est littéralement tombé en amour avec les triathlons depuis sa chirurgie bariatrique.

Moi?

La natation, ce n’est pas vraiment mon élément.

Le vélo… disons que notre relation est cordiale.

Alors un triathlon individuel? Très peu pour moi.

Mais un triathlon en équipe? Là, ça devenait intéressant.

Pour ceux qui ne connaissent pas le concept, une personne nage, une autre fait le vélo et une troisième complète l’épreuve en course à pied. Et c’est le temps total incluant les transitions qui fait office de temps final.

J’ai choisi la course. Ce qui est quand même assez ironique… Parce que je n’ai jamais aimé courir.

Alors pourquoi accepter?
Parce que je me suis posé une question toute simple :

« Et si je me trompais? »
« Et si ce que je n’aimais pas, ce n’était pas de courir… mais courir seule? »
« Et si une ambiance de compétition, les encouragements de la foule et l’énergie des autres coureurs changeaient complètement mon expérience? »

Je me devais d’essayer. Et maintenant, je connais la réponse.

Non.
Je n’aime toujours pas courir. Je n’aime pas courir seule.
Je n’aime pas particulièrement courir à deux. Même si Christian me le propose, l’activité en tant que telle me déplaît.
Et je n’aime pas davantage courir dans une compétition.

Mais savez-vous quoi?

Je considère quand même cette expérience comme une réussite. Parce que maintenant, je le sais.
Je n’aurai plus jamais à me demander « et si… ».

La course fait maintenant partie de ma vie pour une toute autre raison : améliorer mon endurance et récupérer plus facilement lorsque je pratique des activités que j’aime réellement… comme la randonnée. Je ne pars pas courir en espérant dont que cette fois-ci, je vais aimer ça. Je pars 10 minutes, et je fais des intervalles : 1 minute de course, 1 minute de marche. Et je rentre chez moi ou je continue de marcher. Mes attentes sont maintenant beaucoup plus claires, et ça, ça soulage.

Une autre découverte inattendue

Plus récemment, une de mes clientes m’a parlé d’un centre de kickboxing : 30 Minute Hit Laval.

Quelques jours plus tard, la propriétaire m’a invitée à venir essayer un entraînement gratuitement. D’ailleurs, tous les essais sont gratuits.
Je me suis dit : pourquoi pas?

Encore une fois, je ne savais absolument pas si j’allais aimer ça.


Ce que j’ai découvert m’a agréablement surprise. Le concept est simple. On arrive quand on veut. Pas besoin d’attendre le début d’un cours. Les entraînements sont organisés en stations.

Lorsqu’une personne quitte la première station, deux minutes plus tard, on peut commencer. J’ai trouvé ça génial. Pas de stress. Pas besoin de synchroniser tout son horaire. Et surtout, chaque exercice peut être adapté selon les capacités de chacun… mon genou droit collabore assez peu dès qu’il est question de mouvements de rotation ces temps-ci. Malgré ça, j’ai pu donner des coups de poing, quelques coups de pied et terminer mon entraînement avec le sourire… sans me blesser.

Est-ce que le kickboxing deviendra ma nouvelle passion?
Je n’en ai aucune idée. Mais je suis contente d’avoir essayé. Je ne suis pas commanditée pour en parler ni pour en faire la promotion, mais je dois dire que Véronique, la propriétaire de la succursale, a rendu l’expérience vraiment intéressante.

Mon vrai coup de cœur

S’il y a une activité qui me fait vibrer actuellement, c’est la randonnée. En mai dernier, je vous partageais notre Mini-Compostelle à Mégantic.

En fin de semaine dernière, Christian, une amie et moi sommes allés relever le défi des trois sommets du Mont-Tremblant, dans les Laurentides.

Un peu plus de 19 kilomètres. 925 mètres de dénivelé. Près de neuf heures d’effort. Et comme si la montagne voulait ajouter un peu de piquant à l’aventure, une pluie abondante s’est invitée au début de la descente finale. Nous étions trempés. Les roches étaient glissantes. Nous avancions beaucoup moins vite.

Et pourtant…

J’avais un immense sourire. Jamais je n’aurais cru, il y a quelques années, qu’une journée presque entière passée à marcher sous la pluie en montagne ferait partie de mes moments préférés de l’été. Je repoussais mes limites, tout en célébrant ce que mon corps pouvait faire. Même si, dans les derniers kilomètres, mon adorable genou droit me faisait serrer les dents lors de certains mouvements moins contrôlés.

Peut-être que le problème n’est pas vous

Si je peux vous laisser avec une seule réflexion aujourd’hui, ce serait celle-ci. Parfois, nous abandonnons beaucoup trop vite l’idée de bouger… alors que ce n’est peut-être pas l’activité physique que nous n’aimons pas. C’est simplement cette activité-là.

Vous avez le droit de ne pas aimer courir.
Vous avez le droit de ne pas aimer les gyms.
Vous avez le droit de détester le vélo stationnaire.
Vous avez le droit de ne pas vouloir ni pouvoir nécessairement faire des triathlons.

Mais ne laissez pas une seule expérience définir toutes les autres.
Continuez d’essayer. Continuez d’être curieux. Continuez d’explorer.

Parce qu’il n’est jamais trop tard pour découvrir une activité qui vous donnera envie de recommencer. Et parfois, cette activité sera une randonnée en montagne. Parfois, un cours de danse. Parfois, du pickleball. Parfois, du yoga ou du pilates. En salle ou à l’extérieur. Seul ou en groupe. Avec une plate-forme en ligne ou un entraineur en personne.

Et parfois… ce sera une application qui vous fera marcher pour aller attraper des Pokémons.

Comme quoi, on ne sait jamais vraiment où une petite décision peut nous mener.
Sans jamais oublier de viser l’amélioration plutôt que la perfection.

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